Dimanche 7 novembre 2010 7 07 /11 /Nov /2010 23:16

rhum

N’est-ce pas une bouteille de rhum flottant sur la mer ?

En effet, cette bouteille, qui est aussi un phare, flotte aujourd’hui au large des côtes de Basse-Terre, car la Guadeloupe est le point d’arrivée de la très renommée Route du rhum.

Mais pourquoi cette course ?

A la fin des années 1970, la consommation de rhum diminue en France métropolitaine. On passe de 200000 à 70000 hectolitres. Les rhumiers ont bien une opération culinaire « la Poêle d’or » pour faire connaître le rhum, mais elle leur coûte de l’argent et ne porte pas ses fruits.

En 1975, Bernard Hass, secrétaire général du Syndicat des Producteurs de Sucre et de Rhum des Antilles cherche alors une idée pour valoriser la filière du rhum.

Il en parle à Florent de Kersauson qui imagine une course à la voile en direction des Antilles où l’on produit le rhum et le sucre. Haas et de Kersauson présentent le projet à Eric Tabarly qui ne donne pas suite.

Ils contactent alors Michel Etevenon, publicitaire, spécialiste du sponsoring des événements nautiques, alors sponsor d’Olivier de Kersauson, le frère de Florent. Etevenon accepte et se met en relation avec les rhumiers de la Martinique qui ne sont pas intéressés. Il prend contact alors avec Louis Claverie Castetnau, l’ancien directeur général de l’usine Darboussier à Pointe-à-Pitre et le créateur de « la Poêle d’or », qui récompense la meilleure recette à base de rhum. Celui-ci est emballé et entraîne derrière lui toutes les sucreries de la Guadeloupe, sauf une et deux distillateurs. Ainsi naît la Route du Rhum.

Cette course transatlantique a un franc succès car il n’y a aucune restriction de taille pour les bateaux, c’est la course de la liberté pour rejoindre la Guadeloupe. Elle est une réplique à la décision des Anglais de limiter à 17,06 mètres la taille des voiliers de l’Ostar, la célèbre transat en solitaire.

Et le rhum ?

Si en Europe les religieux succèdent aux alchimistes du Moyen Age pour la distillation des liqueurs, il en est de même aux Antilles. C’est tout d’abord le Père Dutertre qui mentionne la fabrication d’eau-de-vie à partir de la canne à sucre dans des « vinaigreries », ces appareils de distillation. A cette époque, c’est seulement la corporation des vinaigriers qui a le monopole de la distillation.

  LABATMais dans les Antilles françaises, le grand inventeur du rhum est le Père dominicain Labat.

 

Il nous décrit dans Voyage aux îles françaises de l'Amérique l’eau-de-vie-des Antilles en ces termes : « L’eau-de-vie que l’on fait aux îles, avec les écumes et les sirops de sucre, s’appelle guildive ou tafia. Les sauvages, les nègres, les petits habitants et les gens de métier n’en font point d’autre, et leur intempérance sur cet article ne se peut dire; il leur suffit que cette liqueur soit forte, violente et à bon marché; il leur importe peu qu’elle soit rude, désagréable et enivrante. »

A ses propos, on voit bien qu’il n’aime pas la guildive et on comprend alors qu’il ait cherché à l’améliorer. Il fait venir de la région des Charentes du matériel de distillation qu’il adapte à la fabrication du rhum.

 

    Alambic Père Labat,
Rhum, eaux de vie de canne D Kervegant - 1946

alambic pere labatDans La fabuleuse aventure du rhum de P-B Alibert, on peut lire que « L’alambic utilisé était constitué simplement par une chaudière en cuivre qui mesurait environ 0,80 m. de diamètre sur 1,30m. de hauteur, surmontée d’un chapiteau en cuivre. Ce dernier était relié à un serpentin plongé dans un tonneau renfermant de l’eau froide que l’on renouvelait de façon continue. La distillation s’opérait en deux fois, c’est-à-dire par repasse. »

Quant au Père Labat, il explique que « la première liqueur obtenue, après avoir enlevé le début et la fin de la distillation, était conservée pendant les cinq premiers jours de la semaine et on remplit une ou deux chaudières pour la repasser le samedi. » On appelle aujourd’hui cette première liqueur « cœur de chauffe ».

  La production de rhum s’intensifie mais son exportation vers la France rencontre des difficultés. En effet, la guildive et le tafia apparaissent comme de dangereux concurrents pour les eaux-de-vie de vin. C’est ainsi qu’un édit royal du 24 février 1713 interdit le commerce des eaux-de-vie de mélasse et de sirop. On consomme donc localement le rhum, on l’exporte dans les colonies espagnoles d’Amérique centrale et des Grandes Antilles. Déjà en 1696, le Père Labat nous dit à ce propos : « On en porte quantité, aux Espagnols de la côte du Carac, de Carthagène, des Hondures et des Grandes Isles : ils n’y mettent aucune différence avec celle qui est faite de vin, pourvu qu’elle soit dans des bouteilles de verre d’Angleterre, bouchées et liées avec du fil d’archal ou des cannevettes de Hollande de dix ou douze flacons. »

L’Edit de 1713 ne met nullement fin à ce commerce qui continue sous forme de contrebande, car la « Nouvelle Angleterre », qui deviendra les Etats-Unis, a une très grande consommation de rhum à laquelle ne peuvent subvenir seules les îles anglaises.  

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine culturel - Communauté : Guadeloupe Antilles
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 17:38

cocotier

Savons-nous que tous ces cocotiers qui ornent nos plages et nos campagnes sont un patrimoine hérité du passé ?

 

Découvrons à travers ces lignes quelques éléments de son histoire.

 

On ignore exactement quel est le pays d'origine du cocotier mais on sait qu'il existe depuis très longtemps. 

 

En effet, des noix de coco fossiles ont été découvertes en Inde et en Nouvelle Zélande, notamment par le professeur E.W. Berry de l'Université John Hopkins. Elles se trouvaient à Mangoni en Nouvelle Zélande, dans des terrains pliocènes ou pré-pliocènes et il les fait remonter à un million d'années.

 

Nous pouvons donc avancer que le cocotier est probablement originaire de l'Océan Pacifique ou de l'Océan Indien et qu'il est apparu sur tous les continents de deux manières : les noix de coco flottent et ont dérivé au gré des courants marins, puis, par la suite, le cocotier a été introduit par l'homme lors des voyages et des migrations humaines.

 

On peut penser qu'il a été introduit en Guadeloupe puisque le R.P. Jean Baptiste  Du Tertre, missionnaire arrivé en Guadeloupe en 1640, nous dit dans son Histoire Générale des Antilles habitées par les Français, T.2, dans le chapître consacré au coco, à la page 185 : "Le palmiste qui porte ce beau fruict, n'estait pas encore connu dans nos Antilles Françoises, à la première impression de mon livre, de là vient que je n'en ay point parlé. Il y est maintenant fort commun, quoy que cet arbre ne soit pas le plus haut de tous nos palmistes, il est pourtant le plus beau, parce qu'il est chargé du plus grand nombre de fuëilles & bien plus belles que celles des autres [...] quelques unes de ses noix sont aussi grosses que la teste d'un enfant & toutes revestues d'une grosse écorce filasseuse, épaisse d'un ponce, la noix qu'elle enveloppe n'est pas tout à fait ronde, mais elle tient un peu du triangle, son extrémité est barbue & à trois petits trous ronds de la largeur d'une lentille, la coque de cette noix est noire, dure comme de la corne..."

 

On peut donc supposer en lisant ce passage du R.P. Du Tertre, qui était botaniste, que le cocotier a été introduit chez nous à son époque.

 

Quand on sait que le cocotier géant a été introduit au Brésil pour la première fois en 1553, dans l'Etat de Bahia et qu'il venait du Cap Vert, îles près de l'Afrique, on peut croire que lors des traversées transatlantiques, les voyageurs emmenaient avec eux des plants de cocotiers.

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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 21:42

église Carmel (9)

La statue dorée de la Vierge Marie est inscrite aux Monuments Historiques depuis le 10 septembre 2001.

 

Dans l'acte de vente de l'église aux Carmes en 1772, on peut notamment lire qu'une chapelle possède une statue de bois doré, représentant la Vierge tenant sur son bras l'Enfant Jésus.

 

Selon la petite histoire, une Vierge aurait été trouvée par les religieux Dominicains lors des travaux entrepris pour la construction de leur église.

 

Selon la légende, c'est Christophe Colomb qui l'aurait enterrée, lors de son passage en Guadeloupe en 1493.

   

église Carmel (16)On lui attribue des guérisons miraculeuses; c'est pour cela que des béquilles sont exposées au pied de la chapelle et des ex-voto ornent les murs qui l'entourent.

 

Pendant la Révolution, les paroissiens la cachent et la font réapparaïtre en 1802 lors de la reprise du culte.

 

Chaque 16 juillet, les paroissiens la sortent pour une procession en l'honneur de Notre Dame du Mont Carmel. 

 

 

 

 

 

église Carmel (6)

Le Père qui arrive en 1913, aidé des paroissiens, construit une réplique de la grotte de Lourdes, en ciment armé, dans le jardin du presbytère.

 

Auparavant, il y avait un petit oratoire dédié à la Vierge Marie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

église Carmel (8)

Auparavant, il y avait deux bassins qui recevaient l'eau d'un ruisseau qui, selon les paroissiens, avaient des propriétés miraculeuses.

 

Il fut décidé de construire des bains chauffés pour les malades les plus atteints.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

église Carmel (4)

Ce bâtiment qui date de 1918 a deux parties, l'une contenant un foyer pourvu d'une cheminée, l'autre deux bassins qui recevaient l'eau chaude. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

église Carmel (3)

Son aspect s'inspire d'un style grec et néo-classique avec une frise de triglyphes et des fausses colonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

église Carmel (11)En 1949, sous l'impulsion du Père Morales, l'architecte Pierre Isnard agrandit l'église en construisant des tribunes, un choeur.

 

Des encadrements en pierre volcanique soulignent les grandes arcades qui retombent sur des piliers.

 

Des pilastres et des chapiteaux doriques ornent les piliers. Ceux-ci s'élèvent jusqu'à une corniche moulurée qui est aussi en pierre de taille

 

 église Carmel (12)L'autel à Saint-Joseph.

Le 20 avril 2006, l'église, le presbytère, le jardin clos où se trouvent les bains, le bassin, l'escalier et la grotte ont été inscrits aux Monuments Historiques.

 

Fin

 

 

 

 

 

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Guadeloupe Antilles
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 13:50

 église Carmel (20)Intéressons-nous maintenant aux Jésuites arrivés en 1651 en même temps que les Carmes.

 

 Tout d'abord Houël leur attribue une habitation à Saint-Sauveur à Capesterre.

 

Par la suite, en 1655, il leur donne une seconde habitation au quartier de Basse-Terre entre la rivière des Pères et la rivière aux Herbes.

 

 A la même époque, les Jésuites achètent l'habitation Brun-Beaupein où ils installent leur église et leur couvent, à l'emplacement actuel de la Préfecture. Ce lieu s'appelait l'Enclos des Jésuites.

 

En parlant des Jésuites, le R.P. Breton nous dit : "Les Pères de la Société érigèrent deux chapelles, dont l'une était contiguë à celle des Carmes".La première était leur chapelle privée située près de leur couvent, la seconde était édifiée un peu au-dessus de la place d'armes, aujourd'hui dénommée place des Carmes.

 

Le Père Labat en a fait une description : "Celle des Jésuites est en maçonnerie, le dedans est orné de pilastres de pierre de taille avec une corniche d'un assez mauvais dessein [...] Elle est lambrissée en voûte en plein cintre de bois d'acajou fort propre [...] Cette église est très propre; elle a eu le bonheur d'échapper deux fois à la fureur des Anglais. Le portail, du moins ce qu'il y en a de fait, est de pierre de taille avec les armes de Messieurs de Houël sur la porte[...]

 

 L'église des Jésuites, comme l'église des Carmes, fut endommagée par les Anglais en 1759, mais beaucoup moins. Ils la partagèrent donc avec les Carmes.

 

En 1764, les Jésuites sont expulsés du Royaume de France, leurs biens sont saisis, les Carmes achètent leur église en 1772L'église Saint-Louis des Jésuites change de nom et devient alors l'église paroissiale Notre Dame du Mont Carmel.

 

Pendant la Révolution, elle servira de prison, de magasin à munitions et d'écurie à chevaux; période après laquelle elle connaîtra une phase de restauration et d'agrandissement, ainsi qu'après avoir été endommagée par l'ouragan de juillet 1825.

 

 

église Carmel (19)La partie centrale de la façade principale est en pierre de taille. Elle offre une élévation de style classique à 3 traverses qui correspondent à la largeur de la nef.

 

Au premier niveau, le portail est en plein cintre, il s'ouvre entre des pilastres et deux niches. La porte principale est aujourd'hui surmontée des armoiries de Pierre Hinselin de Morache, gouverneur de la Guadeloupe de 1667 à 1695.

 

Dans les années 1940, la façade a reçu un couronnement en béton, comportant une corniche et une niche qui accueille la statue de Notre Dame.

 

Le tout est surmonté d'un fronton triangulaire brisé.

 

 

 

 

 

 

 

          

église Carmel (21)

Le Père Fabre qui a participé aux travaux de restauration a émis l'hypothèse que le blason de Charles Houël, signalé par le Père Labat, a été détruit pendant la Révolution et que le Père Vianney a récupéré celui d'Hinselin sur l'hôpital des frères de la Charité, alors en ruines. (Fabre,C. / De clochers en clochers, Carmel; Aubenas, 1977).

 

Sur le blason, l'écu porte une couronne et une guirlande de laurier. Il est porté par deux léopards rampants

 

 

 

Clocher Carmel (2)En 1949, le Père Manuel Morales entreprend de grands travaux. C'est l'architecte parisien Pierre Isnard qui dirige les travaux d'agrandissement. Il construit notamment le clocher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Presbytère Carmel (3)Le presbytère est derrière l'église et est accolé au clocher. Il donne sur les rues Dugommier et Flower. Il est inoccupé. Sa partie ancienne est en maçonnerie. Ses baies rectangulaires ont un encadrement et une chaîne d'angle en pierre de taille.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

église Carmel (17)

Ceci est un détail de l'inscription funéraire de Jean-Louis Honoré d'Hesmivy, baron de Moissac, intendant de la justice en Guadeloupe de 1763 à 1769.

 

Elle est fixée sur le troisième pilier de l'église.

 

Elle est classée Monument Historique au titre des objets depuis le 11 septembre 1974.

 

 

 

Ceci est un détail de l'inscription funéraire du chevalier François Charles de Bourlamaque, gouverneur de la Guadeloupe de 1763 à 1764.

Elle est classée Monument Historique au titre des objets depuis le 11 septembre 1974.

 

Le Gouverneur Bourlamaque a engagé de nombreux travaux pour mieux défendre l'île et développer l'économie.

 

Il a notamment modernisé le Fort Delgrès et fondé la ville de Pointe-à-Pitre.

église Carmel (14)

 

Sur cette plaque, fixée sur le quatrième pilier, on voit les armoiries du chevalier de Bourlamaque en marbre blanc.

église Carmel (15)

 

église Carmel (13)A suivre...

 

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Guadeloupe Antilles
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 17:03

 

   Découvrons l'histoire méconnue de l'église Notre Dame du Mont-Carmel à Basse-Terre.

                    

baillif

Source :  carte IGN au 1/25000 

 

A l'heure de la colonisation, ce sont les Dominicains qui furent choisis par le Cardinal Richelieu pour évangéliser les populations des îles. Ils furent appuyés dans cette entreprise par le Saint-Siège.

 

En 1636, la Compagnie des Isles leur attribua une vaste étendue de terre, entre mer et montagne, entre les rivières appelées aujourd'hui, la Rivière de Baillif et la Rivière des Pères(blancs).

 

Le R.P. Breton dans Relations de l'île de la Guadeloupe, nous dit à ce propos :"Au mois de novembre (le 13) le jour sainct Brice, Monsieur de l'Olive nous donna la place que nous possédons suyvant l'ordre que luy en avoit donné Monsieur le Président Fouquet, principal Directeur de la Compagnie. La donation en fut passée par escript le 26 janvier de l'année suyvante".

 

Mais le nouveau Seigneur Charles Houël, usant de toutes sortes de pressions, évinça de la paroisse du bourg ces religieux, installés depuis très longtemps, qu'ils ne pouvaient manipuler à sa guise.

 

Le R.P. Breton résume parfaitement la situation :"Pourtant, la propriété des frères n'est pas contiguë au palais du gouverneur mais elle est étendue et fertile. Il en a déjà occupé une partie et convoite le reste : il ne nous laissera pas en paix que nous n'ayons cédé. De là, ses vexations, de là le soin de veiller à ce que personne ne puisse ni louer nos terres, ni les cultiver, ni nous en verser les revenus. De là, l'usurpation de notre autorité dans le ministère ecclesiastique. De là aussi, l'appel aux Capucins, aux Augustiniens, aux Carmes et aux Jésuites. De là encore la remise qu'il leur a faite de nos droits sur la paroisse et de la paroisse elle-même, sans nous en rien demander, en prétextant les privilèges de l'Eglise Gallicane!"

 

Place d'armes, aujourd'hui, place des Carmes

Place des Carmes (3)

En effet, Houël fait venir en 1651 des Carmeset peu après des Jésuites.

 

Aux Carmes, il donne une maison et une habitation sur la montagne Beausoleil, un magasin au bourg et le droit d'acheter des esclaves. Aux Carmes, il donne aussi l'église paroissiale du Fort en dépouillant les Dominicains.

 

Le R.P. Breton nous dit : "M. Houël leur donna la chapelle qu'il avait demandé au peuple de construire pour nous et le cimetière avec; cimetière que nous avions béni et qu'il (un carme) bénit une deuxième fois".

 

Cette église était située sur le côté ouest de la place d'armes, aujourd'hui place des Carmes au Carmel, face à la mer. Elle reçut le nom de Notre Dame du Mont Carmel.

 

Le R.P. Du Tertre précise qu'elle est en pierre mais "si petite que presque tout le monde est obligé d'entendre la messe dehors". Un ouragan en 1669 la détruit. Vers 1678, les habitants édifient une chapelle provisoire rallongée de 10 pieds. Les Anglais la détruisent en 1691. Une chapelle en bois est à nouveau provisoirement édifiée. Le Père Labat la décrit :"Elle mesure quarante cinq à cinquante pieds de long sur vingt-quatre de large, n'étoit ni pavé ni lambrissé, et par conséquent fort mal-propre".

 

En 1703, les Anglais l'incendient une nouvelle fois. C'est seulement vers 1710 que la nouvelle église en maçonnerie est achevée. Mais cet édifice est à nouveau détruit en 1759 par les Anglais. Les carmes utilisent alors l'église des Jésuites voisine jusqu'en 1764.

 

A suivre...  

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Guadeloupe Antilles
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