Mercredi 31 mars 2010
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Désormais copropriétaire de l'île, Houël qui ne pensait qu'à ses intérêts, tente de contraindre son associé de lui vendre sa part de l'île en
l'obligeant à y faire des dépenses excessives.
Le Père Dutertre nous dit à ce propos : "Monsieur Houël, ravi de cette
association, appliqua tous ses soins à
faire construire une maison près de la principale rade de la Basse-Terre, très moderne, à
quatre faces et à quatre étages. A chaque étage, il y a quatre chambres de plain-pied, les murs sont en très belle pierre de trois pieds
d'épaisseur; elle est fortifiée d'une terrasse à huit poinctes dont quatre couvrent les quatre coins du logis et les quatre autres les quatres
faces, chacune de ces poinctes fait une cour où l'on peut mettre des soldats pour la défendre; on ne peut entrer dans cette maison que deux par deux, par une chaussée de pierre, au bout de
laquelle il y a un portail carré, où on se trouve toujours pris entre deux portes sans qu'on y prenne garde. Au bas de cette maison, côté mer, il y a une batterie de six pièces de canon qui
commandent la rade et qui peuvent la défendre de l'abord des vaisseaux."
C'est en 1650 que Houël élève son donjon sur une colline sur la rive droite du Galion dominant la rade de Basse-Terre, à
proximité des premiers magasins.
D'abord simple maison-forte, le fort a été amélioré au cours des années, en dépit des défauts des lieux : l'inclinaison du plateau d'est en ouest le rendait très vulnérable aux boulets tirés depuis
la mer, le site est entouré de massifs plus élevés comme le Houëlmont d'où il est facile de l'atteindre.
Le 21 novembre 1977, le fort est classé Monument Historique et a bénéficié à ce titre de plusieurs
campagnes de restauration.
Embouchure du Galion
Le porche d'entrée fut construit vers 1770 en retrait de la batterie Caroline. La hauteur des remparts avoisinants
témoigne d'un choix architectural , effectué au lendemain de la Guerre de Sept Ans, visant à mettre toute la structure à l'abri des boulets. Le fronton,
en calcaire de la Grande-Terre, était à l'origine destiné à accueillir les armoieries du Roi de France, projet abandonné sous la Révolution. L'axe de rotation horizontal, destiné à relever
le tablier du pont-levis, est encore visible à l'intérieur.
Cette Grande Caserne fut construite tardivement dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle, au
coeur de la grande rampe menant au vieux fort. Destinée principalement au logement des troupes, notamment des sous-officiers, elle fut détruite lors d'un incendie survenu en 1950. Elle a donc été
entièrement restaurée afin d'accueillir des expositions et des services administratifs.
Grande rampe menant au vieux fort.
Construit au XVIIème siècle, ce bastion a été réhaussé vers 1770 afin de faire barrage aux tirs
d'enfilade des navires anglais. L'épaisseur de ses murs, la présence des meurtrières et surtout
d'une échauguette (guérite de guet), bien exposée en surplomb, constituent l'essentiel de son originalité. Sous l'occupation anglaise, ce bastion
porta le nom de Bastion Barrington.
A l'emplacement de cette prison et de ces cachots, se situait à partir de 1650, le
donjon de Charles Houël. Il fut détruit par les Français en 1703 de crainte qu'il ne tombe aux
mains des Anglais.
La prison et les cachots ont donc été édifiés lors de la laborieuse reconstruction du Fort entre 1709 et 1725. Après avoir abrité des extrémistes
républicains en 1793, cette prison accueille en 1794 des aristocrates royalistes que les patriotes républicains menacent, en représailles, de massacrer. L'intervention in extremis du gouverneur
Collot, qui fit barrage de son corps face aux assaillants, permit de les épargner.
à suivre...