Le 4 avril 1640, M. Aubert, ancien chirurgien du Roi à l'île de Saint-Christophe et époux de la veuve du sieur Du Plessis, est nommé par la Compagnie des Iles d'Amérique, lieutenant général de l'île de la Guadeloupe, en remplacement du sieur de l'Olive. Il s'emploie à faire la paix avec les Caraïbes et à amener dans l'île la prospérité tant attendue.

 

La région sud-ouest de la Guadeloupe réunit les caractères d'une région salubre : située au pied des montagnes, bien arrosée mais sans humidité excessive, elle possède de très nombreuses rivières et ravines. L'absence de marécages en fait un site attrayant pour le colonisateur, ainsi que la proximité d'un port ou d'une bonne rade.

 

Sur le site initial de la rive gauche de la rivière du Galion, qui n'est autre que l'actuel quartier de Rivière Sens, Aubert fit construire sa maison à charpente de deux étages, qui fut, paraît-il, fort longtemps, la plus belle de l'île. Mais il ne devait guère en profiter car, un seigneur de la Compagnie, Charles Houël, petit noble normand très ambitieux, réussit, après un voyage effectué en Guadeloupe en 1642, à se faire nommer gouverneur de l'île, le 1er avril 1643.

 

Aubert, qui se retrouve sous ses ordres, n'hésite pas à qualifier son action d'ingratitude et de trahison, car il l'avait reçu avec tous les honneurs. Sa présence constitue une gêne pour Houël qui met en oeuvre une machination contraignant Aubert à s'éloigner de la Guadeloupe.

 

Désormais seul maître de l'île, il contribue comme les gouverneurs des autres îles à accroître les difficultés de la Compagnie jusqu'à l'acculer à la faillite. Aussi, en 1649, lorsque cette dernière se décide à vendre son empire colonial, Houël et son beau-frère, le sieur Jean de Boisseret d'Herblayachètent la Guadeloupe, la Désirade, les Saintes et Marie-Galante pour 60000 livres de pétun (tabac).

 

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