Pendant les cinq années qui suivirent, ils survécurent donc très difficilement. Les Caraïbes menaient une véritable guerilla contre leurs adversaires : ils organisaient des coups de main contre les Français, en les surprenant quand ils étaient isolés ou en petits groupes et fuyant quand ils étaient découverts ou qu'ils avaient le dessous. Les Français restaient donc enfermés dans l'enceinte du fort et n'osaient sortir, pour trouver des vivres, chasser ou planter, de peur d'être abattus par les flèches de leurs ennemis.

Le 6 janvier 1638, le commandeur de l'Ordre de Malte, Lonvilliers de Poincy, fut nommé Gouverneur des îles d'Amérique. Il résidait à Saint-Christophe. L'Olive dont la santé déclinait fut malgré tout maintenu à son poste de Gouverneur de la Guadeloupe, mais il se rendit  à Nevis pour s'y  soigner.

Poincy conçut alors le projet de faire de la Guadeloupe la capitale des îles du Vent. Il envoya vivres et munitions à la Guadeloupe, il recruta de nouveaux colons pour peupler l'île. Ayant interdit la culture du tabac à Saint-Christophe à cause de la surproduction, beaucoup d'habitants de cette île passèrent sur la nôtre. Devenue ensuite anglaise, les habitants francophones se réfugièrent dans notre colonie.

Deux chefs commandaient les troupes de renfort, messieurs de Sabouilly et de la Vernade. Ils décidèrent d'en finir avec les Caraïbes. Lors d'un combat dans la région du Grand Cul de Sac, Sabouilly sortit vainqueur. Les Caraïbes abandonnèrent l'île pendant six mois.

Poincy voulut remplacer l'Olive par Sabouilly. Il envoya Aubert un colon, à Paris, pour demander de transférer la capitale des îles du Vent à la Guadeloupe. La Compagnie n'accéda pas à sa demande mais le nomma Gouverneur de la Guadeloupe.

Le Gouverbeur Aubert souhaitait faire cesser les hostilités avec les Caraïbes. Soutenu par le Gouverneur de la Martinique, Du Parquet, il entama des négociations avec les Kallinas et leur proposa de vivre en paix. Ceux-ci, éprouvés par tant d'années de guerre aspiraient  aussi à la paix.. En janvier 1642, les deux chefs de guerre de la Dominique, OUKALE et KOULALIA, concluent à Basse-Terre, au nom des Kallinas des îles entourant Kaloucaëra un accord de paix avec Aubert : ils acceptent que les Français s'installent dans l'île de Kaloucaëra, s'engagent à ne plus les attaquer; en retour, les Français leur garantissent le respect de la Dominique ainsi que la liberté de circulation, de chasse, de cueillette, de pêche dans les eaux guadeloupéennes.

Mais les guerres euro-caraïbes continuent en Martinique et dans les îles anglaises. En 1653, de retour d'une expédition à Antigue, des guerriers de la Dominique, exterminent à Marie-Galante, plus précisément à Vieux-Fort, une petite colonie de Français. Selon eux, l'ile de Aïchi (Marie-Galante) ne faisait pas partie de l'accord de 1642.
En 1658, les derniers Kallinas furent chassés de la Martinique.

carte dominicaFinalement, le 15 mars 1660, 15 chefs Kallinagos des 5 îles du sud (Dominique, Martinique, Saint-Vincent, Sainte-Lucie et Grenade) signent le traité de Basse-Terre qui leur attribue La Dominique et Saint-Vincent comme propriété et où les Européens ne doivent pas s'installer.

Les deux  îles devenues neutres ne furent pourtant pas épargnées par la colonisation européenne.
Retour à l'accueil