guadbtN'ayant voyagé qu'avec 2 mois de provisions, de plus de mauvaise qualité, la colonie fut mise à la ration dès son installation. Le colon ne recevait que 5 onces de pâtes (140 grammes) après 6 heures de travail. La faim aidant, ils se mirent à manger de la chair de tortues qui jonchaient le sable. Cet aliment fut à l'origine d'une terrible dysenterie qui fit de nombreuses victimes. La famine était là. Plusieurs colons abandonnèrent la colonie et allèrent vivre avec les Caraïbes qui les accueillirent et partagèrent avec eux leurs carbets et et leurs provisions. Les Caraïbes vivaient  avec les colons dans la plus grande cordialité. Ils leur rendaient souvent visite, les pirogues chargées de banane, patates, tortues, cochons, lézards et lamantins. C'était beaucoup pour les Caraïbes mais ce n'était rien pour la colonie affamée.

Duplessis tomba malade et mourut le 4 novembre 1635.

Début 1636, l'Olive rassembla ses colons et ceux de Duplessis et resta seul gouverneur.

Le Révérend Père Raymond Breton nous raconte alors le déroulement des événements dans ses "Relations de l'île de la Guadeloupe" :
" [...]Mais voyant que tous se mouroient, il creut que le cartier n'estoit pas sain et prit résolution d'en habituer un autre. Comme il étoit en cette résolution, deux de nos gens revinrent des sauvages gros et gras et voyant qu'il ne faisoit pas si bon avec nous, prirent dessein d'y retourner. On creut qu'ils nous trahissoient et qu'ils n'estoient revenus que pour donner avis aux sauvages de ce qui se passoit. On les mit au Conseil et un des deux eut été dépesché si on n'eust puissamment intercédé pour eux. On soufflait déjà le feu qui s'embrasa bientost après contre les Karaïbes. Lorsqu'ils ne venoient pas, on crioit qu'il les falloit aller tuer et prendre leurs vivres. Il en vint trois piraugues en moins d'une semaine avec quantité de traittes fort propres pour la saison. Les malins crièrent qu'ils venoient espionner, et qu'il s'en falloit défaire et se mirent en devoir par deux fois demassacrer ces pauvres gens qui étoient venus à la bonne fois. Le P. Raymond les empescha toutes les deux fois et Monsieur de L'Olive à la troisième. Cependant comme les sauvages virent qu'on chargeoit dans le bateau un bastiment de charpente, se doutèrent bien ce qui en estoit, sçavoir qu'on les vouloit aller desloger et prendre leur places, pour avoir leurs vivres, se hastèrent de s'en retourner. Au mesme temps d'autres sauvages prirent des hardes au cul de sac des Vareurs. Ils laissèrent en la place un cochon, des figues, des bananes comme pour payement. On prit toutesfois pied là-dessus et cria-on qu'il n'en falloit pas davantage pour les tuer. Monsieur de l'Olive s'y laissoit aller. Le R. Raymond luy remonstroit souvent et mesme une fois en chaire l'intention du Roy et des Seigneurs de la Compagnie, qui luy avoient tant recommandé de maintenir la paix avec les sauvages. Mais les flatteurs le perdirent enfin et quoy qu'il promit de conserver la paix, il ne tint pas sa promesse. En voicy le commencement."
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