On considère l'église de Vieux-Habitants comme étant le plus ancien établissement religieux en Guadeloupe. En effet, en 1636, les Dominicains édifient une chapelle à Baillif sur une concession attribuée par le Gouverneur de l'Olive. Le Père Breton constate alors qu'une chapelle avait déjà été édifiée à la Pointe Saint-Joseph (Vieux-Habitants). Dans ses Relations de l'île de la Guadeloupe, il explique : "Il y avoit quelque temps déjà que les vieux habitants libres soubs le sieur de la Ramée, s'étoient retiré du gros et avoient habitué la pointe nommée de Saint-Joseph. Ils y avoient fait une chappelle en l'honneur de Saint-Joseph où le Père (Le Père Breton lui-même) alloit dire la messe de quinze en quinze jours."
Saint-Joseph-des-Vieux-Habitants est le nom que prend d'abord la paroisse. Au début, il n'y a qu'un abri de planches couvert de paille. Ce n'est qu'en 1639 qu'il est amélioré et agrandi quand arrivent des engagés libérés au bout des 36 mois.
En 1640, le R.P. Dutertre est le premier à porter le titre de curé des Vieux-Habitants. En cette même année, le Père Breton lui donne le titre d'église et le deuxième rang parmi les cinq qui existaient alors en Guadeloupe.

Eglise de Vieux HabitantsLe 20 mars 1703, les Anglais la brûlent. Les Capucins la reconstruisent à la même place. On y adjoint des contreforts massifs qui lui donnent un aspect fortifié.













Eglise de Vieux HabitantsDu 18ème siècle, l'église a conservé sa façade occidentale avec sa porte monumentale en pierre taillée par les tailleurs de pierre venus du Limousin en 1701.



















Eglise de Vieux HabitantsLes deux pilastres qui encadrent le porche portent l'emblème de leur région.















Eglise de Vieux HabitantsIl comporte aussi les armoiries traditionnelles de l'ordre des Capucins qui illustrent un épisode de la vie de Saint-François d'Assise : le jour où le Christ détacha ses bras de la croix pour embrasser le saint.












Du 18ème siècle, l'église a aussi conservé la nef et le clocher qui était alors isolé du reste de la bâtisse.

Eglise de Vieux HabitantsDe 1952 à 1963, elle est agrandie selon les plans de l'architecte Isnard. Un transept doublé par deux sacristies comble l'espace entre la nef et le clocher. La tour de croisée est entourée par quatre clochetons.












Les parties anciennes (nef, fonts baptismaux et clocher) ont été inscrites aux Monuments Historiques le 20 avril 2006. La façade occidentale (le porche) a été classée Monument Historique le 12 avril 2007.

Des objets mobiliers sont aussi protégés : une inscription funéraire, la pierre du premier autel.

église Vieux Habitants
Cette pierre de 0,25 sur 0,25 sur 0,07cm porte sur le recto les croix de consécration du milieu et des quatre angles ainsi que la petite cavité qui devait recevoir les reliques des martyrs suivant les règles de la liturgie.

Source: Père Camille Fabre, Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, n°9-10, 1968













église Vieux HabitantsElle était scellée dans l'autel qui servit de 1672 à 1920, date à laquelle le Père Lescao le remplaça. C'est à ce moment qu'on découvrit l'inscription au verso : T.S. soit Thomas Beaugendre, ancêtre d'une famille toujours présente à Vieux-Habitants. Ce nom figure dans les recensements de 1641, puis accompagné de son épouse Catherine Lequin sur celui de 1671.
La date de 1672 fait de cette pierre gravée le monument daté le plus ancien de la Guadeloupe.
Selon le Père Camille Fabre, dans son article sur la fondation et les fondateurs de Vieux-Habitants, dans le Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, n°9-10, 1968, il est possible que cette pierre soit en plus un ex-voto pour la naissance d'un fils Beaugendre, prénommé lui aussi Thomas et qui mourut le 19 septembre 1715, à l'âge de 43 ans. Il serait donc né en 1672. Il est enterré en l'église de Vieux-Habitants, comme l'atteste un des registres paroissiaux conservé à la Section Outre-Mer des Archives Nationales à Paris.

Source: Père Camille Fabre, Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, n°9-10, 1968

Cette église comporte aussi un ostensoir du 19ème siècle inscrit aux Objets Mobiliers en 2001.

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