Découvrons l'histoire méconnue de l'église Notre Dame du Mont-Carmel à Basse-Terre.                  

baillif

Source :  carte IGN au 1/25000

A l'heure de la colonisation, ce sont les Dominicains qui furent choisis par le Cardinal Richelieu pour évangéliser les populations des îles. Ils furent appuyés dans cette entreprise par le Saint-Siège.

En 1636, la Compagnie des Isles leur attribua une vaste étendue de terre, entre mer et montagne, entre les rivières appelées aujourd'hui, la Rivière de Baillif et la Rivière des Pères(blancs).

Le R.P. Breton dans Relations de l'île de la Guadeloupe, nous dit à ce propos :"Au mois de novembre (le 13) le jour sainct Brice, Monsieur de l'Olive nous donna la place que nous possédons suyvant l'ordre que luy en avoit donné Monsieur le Président Fouquet, principal Directeur de la Compagnie. La donation en fut passée par escript le 26 janvier de l'année suyvante".

Mais le nouveau Seigneur Charles Houël, usant de toutes sortes de pressions, évinça de la paroisse du bourg ces religieux, installés depuis très longtemps, qu'ils ne pouvaient manipuler à sa guise.

Le R.P. Breton résume parfaitement la situation :"Pourtant, la propriété des frères n'est pas contiguë au palais du gouverneur mais elle est étendue et fertile. Il en a déjà occupé une partie et convoite le reste : il ne nous laissera pas en paix que nous n'ayons cédé. De là, ses vexations, de là le soin de veiller à ce que personne ne puisse ni louer nos terres, ni les cultiver, ni nous en verser les revenus. De là, l'usurpation de notre autorité dans le ministère ecclesiastique. De là aussi, l'appel aux Capucins, aux Augustiniens, aux Carmes et aux Jésuites. De là encore la remise qu'il leur a faite de nos droits sur la paroisse et de la paroisse elle-même, sans nous en rien demander, en prétextant les privilèges de l'Eglise Gallicane!"

Place d'armes, aujourd'hui, place des Carmes

Place des Carmes (3)

En effet, Houël fait venir en 1651 des Carmeset peu après des Jésuites.

Aux Carmes, il donne une maison et une habitation sur la montagne Beausoleil, un magasin au bourg et le droit d'acheter des esclaves. Aux Carmes, il donne aussi l'église paroissiale du Fort en dépouillant les Dominicains.

Le R.P. Breton nous dit : "M. Houël leur donna la chapelle qu'il avait demandé au peuple de construire pour nous et le cimetière avec; cimetière que nous avions béni et qu'il (un carme) bénit une deuxième fois".

Cette église était située sur le côté ouest de la place d'armes, aujourd'hui place des Carmes au Carmel, face à la mer. Elle reçut le nom de Notre Dame du Mont Carmel.

Le R.P. Du Tertre précise qu'elle est en pierre mais "si petite que presque tout le monde est obligé d'entendre la messe dehors". Un ouragan en 1669 la détruit. Vers 1678, les habitants édifient une chapelle provisoire rallongée de 10 pieds. Les Anglais la détruisent en 1691. Une chapelle en bois est à nouveau provisoirement édifiée. Le Père Labat la décrit :"Elle mesure quarante cinq à cinquante pieds de long sur vingt-quatre de large, n'étoit ni pavé ni lambrissé, et par conséquent fort mal-propre".

En 1703, les Anglais l'incendient une nouvelle fois. C'est seulement vers 1710 que la nouvelle église en maçonnerie est achevée. Mais cet édifice est à nouveau détruit en 1759 par les Anglais. Les carmes utilisent alors l'église des Jésuites voisine jusqu'en 1764.

 

A suivre...  

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