A Saint-Christophe, en 1625, les Français et les Anglais massacrent une centaine de Caraïbes dans leur sommeil; c'est alors que commence officiellement la prise de possession effective dans les Petites Antilles. Ils voulaient s'installer dans cette île pour y cultiver le petun (le tabac).

D'Esnambuc, qui fut aussi un flibustier sous le nom du capitaine le Nambuc, était le chef de tous les Français qui pillaient les navires espagnols. En 1626, d'Esnambuc obtient de Richelieu "la reconnaissance d'une compagnie de douze associés, la "Compagnie de Saint-Christophe" afin de laisser [...]le nombre et la quantité d'hommes que bon leur semblera pour y travailler et négocier, faire du petun et toutes autres sortes de marchandises" (Antilles, Guyane, la mer des Caraïbes de 1492 à 1789/ Devèze Michel).


Quant à l'occupation de la Guadeloupe par les Français, elle ne commença qu'en 1635. La Compagnie des Isles d'Amérique qui succédait à la Compagnie de Saint-Christophe décida de lancer la colonisation des îles situées entre les 10° et 30° de latitude Nord (La Guadeloupe, la Martinique ou la Dominique) afin d'y convertir les Indiens et d'établir dans les îles 4000 colons blancs en 20 ans
Elle céda l'exploitation de ses privilèges à D'Esnambuc qui lui aussi songeait à fonder de nouvelles colonies. Celui-ci chargea Liénart de l'Olive de coloniser l'une des îles et notamment la Guadeloupe qui leur paraissait plus appropriée.

L'Olive se rendit en France pour y traiter avec la Compagnie pour lui et pour d'Esnambuc. Dans le port de Dieppe, il rencontra Du Plessis, qui ayant déjà fait un voyage à Saint-Christophe, s'apprêtait à retourner aux Iles. Du Plessis  et l'Olive, qui voulait déjà s'établir à son propre compte et se démarquer de d'Esnambuc, signèrent avec la Compagnie à la date du 14 février 1635, un contrat particulier. C'est ainsi qu'elle leur attribuait pour 10 ans le commandement conjointement ou séparément des îles qu'ils coloniseraient, selon qu'ils s'établiraient sur une seule île ou sur deux.

D'après les statuts de la Compagnie, les hommes qui ne pouvaient pas payer leur passage aux îles devaient s'engager à servir, pendant trois ans la Companie ou les colons qui en faisaient les frais. Après ce temps de service, on leur faisait une concession de terre ou bien ils étaient libres de faire de nouveaux traités avec les employeurs. Cette sorte de colons s'appelait des "engagés" ou des "trente-six-mois".
A Dieppe, le 25 mai 1635, 500 engagés, des familles partant à leurs frais, des religieux de l'ordre de Saint-Dominique, les Pères Pélican, Breton, Breschet et Griffon de la Croix, s'embarquent sur deux navires, approvisionnés pour seulement deux mois.
Source : carte IGN au 1/25000

Le 25 juin, après une escale en Martinique dont ils prirent possession , ils arrivent en Guadeloupe et jettent l'ancre le 28 juin à la Pointe Allègre, près de Sainte Rose. Le Révérend Père Breton dans Les Relations de l'Ile de la Guadeloupe nous dit  à propos de la date "[...] on les mit à terre au lieu qui fut nommé le fort Saint-Pierre à cause du jour dédié aux Bienheureux Apostres saint Pierre et saint Paul, le 29 juin 1635." Selon le Père Breton qui était présent, ils auraient donc débarqué le 29 juin.
Une étude de Fortuné Chalumeau à l'adresse suivante http://www.ghcaraibe.org/bul/ghc214/GHC214-p5536-42.pdf nous apporte quelques éclaircissements sur les éventuelles dates.

Les deux capitaines, dont les relations se sont détériorées durant la traversée, partagent hommes et biens et s'installent à quelque distance l'un de l'autre.

L'historien Lacour nous dit dans son Histoire de La Guadeloupe : " La volonté de ces chefs (L'Olive et Du Plessis), d'un caractère si opposé, devait se heurter à chaque instant dans l'exercice du commandement. Ne pouvant s'entendre, ils prirent le parti de se séparer afin de gouverner chacun à sa guise. Après avoir partagé les provisions, les outils et les hommes, l'Olive alla s'établir à l'ouest de la Pointe Allègre, sur la rivière dite du Vieux-Fort, Duplessis à l'est de la même Pointe, sur la rivière dite du Petit-Fort".

Le Père Breton nous dit aussi dans Relations de l'île de la Guadeloupe : "Les Gouverneurs ayant fait deux cartiers, nos Pères aussy firent deux chapelles [...]

La toponymie (l'étude des noms de lieu) sur les anciennes cartes comme sur les nouvelles (carte IGN ci-dessus) nous rappelle toujours l'existence de ces fortins.

Vous pouvez consulter les détails de ces cartes sur le site de la collection David Rumsey à l'adresse suivante :
http://www.davidrumsey.com/directory/where/Guadeloupe/

Sur le site d'origine, il vous suffit de cliquer sur chacune des cartes pour accéder au zoom.




Retour à l'accueil