La première phase ou Paléo-indien ou Age lithique
selon Irving Rouse, chercheur nord-américain

Le peuplement des Grandes Antilles

Alors que l'occupation historique n'est vieille que de 500 ans, l'occupation préhistorique ou précolombienne des Antilles couvre au moins 5000 ans. Le peuplement dans les Grandes Antilles notamment à Saint-Domingue remonte à 4000 ans avant J.-C. Des vestiges paléo-indiens ont été découverts à Cuba, sur l'île d'Hispaniola (République dominicaine et Haïti) : ateliers  produisant de grandes lames taillées sur du silex, ossements alimentaires et coquillages. Le débitage de la pierre était leur principale technologie. C'était une population de navigateurs, chasseurs-cueilleurs et collecteurs de coquillages, probablement originaire d'Amérique Centrale.

Le peuplement des Petites Antilles

Les nombreux incendies dans le bassin amazonien sont peut-être à l'origine des déplacements des populations indiennes vers l'embouchure de l'Amazone et vers les îles antillaises. Intensément développés entre 7000 et 4300 ans, la période des incendies amazoniens correspond à celle de l'arrivée des premières populations à Trinidad.
A la même époque, on constate un large développement des espaces ouverts à graminées qui a certainement facilité la progression des hommes dans la forêt, ainsi qu'une baisse du niveau de la mer qui a raccourci les distances et favorisé le passage d'une île à l'autre. Ces incendies semblent avoir pratiquement disparu vers 2500 ans et s'être à nouveau modérément développés entre 900 et 400 ans.

La seconde phase ou Méso-indien ou Age archaïque
selon Irving Rouse, chercheur nord-américain


Les pêcheurs-cueilleurs des origines

Au début du Vème millénaire, une remontée du niveau de la mer sépare Trinidad du continent sud-américain, à une vingtaine de kilomètres du delta de l'Orénoque. Les habitants de cet îlot, devenus insulaires, améliorent probablement leur technique de navigation. Des populations qualifiées de "pré-céramique" ont ainsi progressé d'île en île à partir du continent sud-américain. Elles effectuent des traversées qui atteignent près de 120 kilomètres entre l'île de Tobago et celle de Grenade.
Ces hommes vivent de la chasse de petits rongeurs terrestres, du ramassage des huîtres de palétuviers et de coquillages, des lambis Strombus Gigas L. principalement et de la cueillette de fruits sauvages.
Ils
ignorent la poterie mais usent d'une nouvelle technologie : le polissage de la pierre, de la coquille et de l'os.
Des vestiges, un outillage taillé sur des éclats de jaspe et de bois silicifiés, datant de 4000 ans avant notre ère, ont été retrouvés en Martinique, dans la savane des Pétrifications. Ils sont présents à Saint-Kitts vers 2000 ans avant J.-C., à Antigua vers 1800 ans, où le plus vieil établissement date d'environ 4300 ans. Des coquilles de lambis amassées, remontant vers 1600 ans avant J.-C., une industrie d'éclats de silex et de galets associée à quelques artefacts en coquillage, comme des haches en lambi ont été retrouvées à Saint-Martin (Norman Estate).
La période précéramique se prolonge dans les îles du nord de la Guadeloupe jusque vers 700 ou 800 avant J.-C., dans les îles Vierges jusque vers 500 avant J.-C. (Adelaïde-Merlande, 1994).


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