Patrimoine religieux

Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 21:42

église Carmel (9)

La statue dorée de la Vierge Marie est inscrite aux Monuments Historiques depuis le 10 septembre 2001.

 

Dans l'acte de vente de l'église aux Carmes en 1772, on peut notamment lire qu'une chapelle possède une statue de bois doré, représentant la Vierge tenant sur son bras l'Enfant Jésus.

 

Selon la petite histoire, une Vierge aurait été trouvée par les religieux Dominicains lors des travaux entrepris pour la construction de leur église.

 

Selon la légende, c'est Christophe Colomb qui l'aurait enterrée, lors de son passage en Guadeloupe en 1493.

   

église Carmel (16)On lui attribue des guérisons miraculeuses; c'est pour cela que des béquilles sont exposées au pied de la chapelle et des ex-voto ornent les murs qui l'entourent.

 

Pendant la Révolution, les paroissiens la cachent et la font réapparaïtre en 1802 lors de la reprise du culte.

 

Chaque 16 juillet, les paroissiens la sortent pour une procession en l'honneur de Notre Dame du Mont Carmel. 

 

 

 

 

 

église Carmel (6)

Le Père qui arrive en 1913, aidé des paroissiens, construit une réplique de la grotte de Lourdes, en ciment armé, dans le jardin du presbytère.

 

Auparavant, il y avait un petit oratoire dédié à la Vierge Marie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

église Carmel (8)

Auparavant, il y avait deux bassins qui recevaient l'eau d'un ruisseau qui, selon les paroissiens, avaient des propriétés miraculeuses.

 

Il fut décidé de construire des bains chauffés pour les malades les plus atteints.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

église Carmel (4)

Ce bâtiment qui date de 1918 a deux parties, l'une contenant un foyer pourvu d'une cheminée, l'autre deux bassins qui recevaient l'eau chaude. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

église Carmel (3)

Son aspect s'inspire d'un style grec et néo-classique avec une frise de triglyphes et des fausses colonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

église Carmel (11)En 1949, sous l'impulsion du Père Morales, l'architecte Pierre Isnard agrandit l'église en construisant des tribunes, un choeur.

 

Des encadrements en pierre volcanique soulignent les grandes arcades qui retombent sur des piliers.

 

Des pilastres et des chapiteaux doriques ornent les piliers. Ceux-ci s'élèvent jusqu'à une corniche moulurée qui est aussi en pierre de taille

 

 église Carmel (12)L'autel à Saint-Joseph.

Le 20 avril 2006, l'église, le presbytère, le jardin clos où se trouvent les bains, le bassin, l'escalier et la grotte ont été inscrits aux Monuments Historiques.

 

Fin

 

 

 

 

 

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Guadeloupe Antilles
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Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 13:50

 église Carmel (20)Intéressons-nous maintenant aux Jésuites arrivés en 1651 en même temps que les Carmes.

 

 Tout d'abord Houël leur attribue une habitation à Saint-Sauveur à Capesterre.

 

Par la suite, en 1655, il leur donne une seconde habitation au quartier de Basse-Terre entre la rivière des Pères et la rivière aux Herbes.

 

 A la même époque, les Jésuites achètent l'habitation Brun-Beaupein où ils installent leur église et leur couvent, à l'emplacement actuel de la Préfecture. Ce lieu s'appelait l'Enclos des Jésuites.

 

En parlant des Jésuites, le R.P. Breton nous dit : "Les Pères de la Société érigèrent deux chapelles, dont l'une était contiguë à celle des Carmes".La première était leur chapelle privée située près de leur couvent, la seconde était édifiée un peu au-dessus de la place d'armes, aujourd'hui dénommée place des Carmes.

 

Le Père Labat en a fait une description : "Celle des Jésuites est en maçonnerie, le dedans est orné de pilastres de pierre de taille avec une corniche d'un assez mauvais dessein [...] Elle est lambrissée en voûte en plein cintre de bois d'acajou fort propre [...] Cette église est très propre; elle a eu le bonheur d'échapper deux fois à la fureur des Anglais. Le portail, du moins ce qu'il y en a de fait, est de pierre de taille avec les armes de Messieurs de Houël sur la porte[...]

 

 L'église des Jésuites, comme l'église des Carmes, fut endommagée par les Anglais en 1759, mais beaucoup moins. Ils la partagèrent donc avec les Carmes.

 

En 1764, les Jésuites sont expulsés du Royaume de France, leurs biens sont saisis, les Carmes achètent leur église en 1772L'église Saint-Louis des Jésuites change de nom et devient alors l'église paroissiale Notre Dame du Mont Carmel.

 

Pendant la Révolution, elle servira de prison, de magasin à munitions et d'écurie à chevaux; période après laquelle elle connaîtra une phase de restauration et d'agrandissement, ainsi qu'après avoir été endommagée par l'ouragan de juillet 1825.

 

 

église Carmel (19)La partie centrale de la façade principale est en pierre de taille. Elle offre une élévation de style classique à 3 traverses qui correspondent à la largeur de la nef.

 

Au premier niveau, le portail est en plein cintre, il s'ouvre entre des pilastres et deux niches. La porte principale est aujourd'hui surmontée des armoiries de Pierre Hinselin de Morache, gouverneur de la Guadeloupe de 1667 à 1695.

 

Dans les années 1940, la façade a reçu un couronnement en béton, comportant une corniche et une niche qui accueille la statue de Notre Dame.

 

Le tout est surmonté d'un fronton triangulaire brisé.

 

 

 

 

 

 

 

          

église Carmel (21)

Le Père Fabre qui a participé aux travaux de restauration a émis l'hypothèse que le blason de Charles Houël, signalé par le Père Labat, a été détruit pendant la Révolution et que le Père Vianney a récupéré celui d'Hinselin sur l'hôpital des frères de la Charité, alors en ruines. (Fabre,C. / De clochers en clochers, Carmel; Aubenas, 1977).

 

Sur le blason, l'écu porte une couronne et une guirlande de laurier. Il est porté par deux léopards rampants

 

 

 

Clocher Carmel (2)En 1949, le Père Manuel Morales entreprend de grands travaux. C'est l'architecte parisien Pierre Isnard qui dirige les travaux d'agrandissement. Il construit notamment le clocher.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Presbytère Carmel (3)Le presbytère est derrière l'église et est accolé au clocher. Il donne sur les rues Dugommier et Flower. Il est inoccupé. Sa partie ancienne est en maçonnerie. Ses baies rectangulaires ont un encadrement et une chaîne d'angle en pierre de taille.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

église Carmel (17)

Ceci est un détail de l'inscription funéraire de Jean-Louis Honoré d'Hesmivy, baron de Moissac, intendant de la justice en Guadeloupe de 1763 à 1769.

 

Elle est fixée sur le troisième pilier de l'église.

 

Elle est classée Monument Historique au titre des objets depuis le 11 septembre 1974.

 

 

 

Ceci est un détail de l'inscription funéraire du chevalier François Charles de Bourlamaque, gouverneur de la Guadeloupe de 1763 à 1764.

Elle est classée Monument Historique au titre des objets depuis le 11 septembre 1974.

 

Le Gouverneur Bourlamaque a engagé de nombreux travaux pour mieux défendre l'île et développer l'économie.

 

Il a notamment modernisé le Fort Delgrès et fondé la ville de Pointe-à-Pitre.

église Carmel (14)

 

Sur cette plaque, fixée sur le quatrième pilier, on voit les armoiries du chevalier de Bourlamaque en marbre blanc.

église Carmel (15)

 

église Carmel (13)A suivre...

 

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Guadeloupe Antilles
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 17:03

 

   Découvrons l'histoire méconnue de l'église Notre Dame du Mont-Carmel à Basse-Terre.

                    

baillif

Source :  carte IGN au 1/25000 

 

A l'heure de la colonisation, ce sont les Dominicains qui furent choisis par le Cardinal Richelieu pour évangéliser les populations des îles. Ils furent appuyés dans cette entreprise par le Saint-Siège.

 

En 1636, la Compagnie des Isles leur attribua une vaste étendue de terre, entre mer et montagne, entre les rivières appelées aujourd'hui, la Rivière de Baillif et la Rivière des Pères(blancs).

 

Le R.P. Breton dans Relations de l'île de la Guadeloupe, nous dit à ce propos :"Au mois de novembre (le 13) le jour sainct Brice, Monsieur de l'Olive nous donna la place que nous possédons suyvant l'ordre que luy en avoit donné Monsieur le Président Fouquet, principal Directeur de la Compagnie. La donation en fut passée par escript le 26 janvier de l'année suyvante".

 

Mais le nouveau Seigneur Charles Houël, usant de toutes sortes de pressions, évinça de la paroisse du bourg ces religieux, installés depuis très longtemps, qu'ils ne pouvaient manipuler à sa guise.

 

Le R.P. Breton résume parfaitement la situation :"Pourtant, la propriété des frères n'est pas contiguë au palais du gouverneur mais elle est étendue et fertile. Il en a déjà occupé une partie et convoite le reste : il ne nous laissera pas en paix que nous n'ayons cédé. De là, ses vexations, de là le soin de veiller à ce que personne ne puisse ni louer nos terres, ni les cultiver, ni nous en verser les revenus. De là, l'usurpation de notre autorité dans le ministère ecclesiastique. De là aussi, l'appel aux Capucins, aux Augustiniens, aux Carmes et aux Jésuites. De là encore la remise qu'il leur a faite de nos droits sur la paroisse et de la paroisse elle-même, sans nous en rien demander, en prétextant les privilèges de l'Eglise Gallicane!"

 

Place d'armes, aujourd'hui, place des Carmes

Place des Carmes (3)

En effet, Houël fait venir en 1651 des Carmeset peu après des Jésuites.

 

Aux Carmes, il donne une maison et une habitation sur la montagne Beausoleil, un magasin au bourg et le droit d'acheter des esclaves. Aux Carmes, il donne aussi l'église paroissiale du Fort en dépouillant les Dominicains.

 

Le R.P. Breton nous dit : "M. Houël leur donna la chapelle qu'il avait demandé au peuple de construire pour nous et le cimetière avec; cimetière que nous avions béni et qu'il (un carme) bénit une deuxième fois".

 

Cette église était située sur le côté ouest de la place d'armes, aujourd'hui place des Carmes au Carmel, face à la mer. Elle reçut le nom de Notre Dame du Mont Carmel.

 

Le R.P. Du Tertre précise qu'elle est en pierre mais "si petite que presque tout le monde est obligé d'entendre la messe dehors". Un ouragan en 1669 la détruit. Vers 1678, les habitants édifient une chapelle provisoire rallongée de 10 pieds. Les Anglais la détruisent en 1691. Une chapelle en bois est à nouveau provisoirement édifiée. Le Père Labat la décrit :"Elle mesure quarante cinq à cinquante pieds de long sur vingt-quatre de large, n'étoit ni pavé ni lambrissé, et par conséquent fort mal-propre".

 

En 1703, les Anglais l'incendient une nouvelle fois. C'est seulement vers 1710 que la nouvelle église en maçonnerie est achevée. Mais cet édifice est à nouveau détruit en 1759 par les Anglais. Les carmes utilisent alors l'église des Jésuites voisine jusqu'en 1764.

 

A suivre...  

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Guadeloupe Antilles
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Lundi 22 février 2010 1 22 /02 /Fév /2010 21:35

On considère l'église de Vieux-Habitants comme étant le plus ancien établissement religieux en Guadeloupe. En effet, en 1636, les Dominicains édifient une chapelle à Baillif sur une concession attribuée par le Gouverneur de l'Olive. Le Père Breton constate alors qu'une chapelle avait déjà été édifiée à la Pointe Saint-Joseph (Vieux-Habitants). Dans ses Relations de l'île de la Guadeloupe, il explique : "Il y avoit quelque temps déjà que les vieux habitants libres soubs le sieur de la Ramée, s'étoient retiré du gros et avoient habitué la pointe nommée de Saint-Joseph. Ils y avoient fait une chappelle en l'honneur de Saint-Joseph où le Père (Le Père Breton lui-même) alloit dire la messe de quinze en quinze jours."
Saint-Joseph-des-Vieux-Habitants est le nom que prend d'abord la paroisse. Au début, il n'y a qu'un abri de planches couvert de paille. Ce n'est qu'en 1639 qu'il est amélioré et agrandi quand arrivent des engagés libérés au bout des 36 mois.
En 1640, le R.P. Dutertre est le premier à porter le titre de curé des Vieux-Habitants. En cette même année, le Père Breton lui donne le titre d'église et le deuxième rang parmi les cinq qui existaient alors en Guadeloupe.

Eglise de Vieux HabitantsLe 20 mars 1703, les Anglais la brûlent. Les Capucins la reconstruisent à la même place. On y adjoint des contreforts massifs qui lui donnent un aspect fortifié.













Eglise de Vieux HabitantsDu 18ème siècle, l'église a conservé sa façade occidentale avec sa porte monumentale en pierre taillée par les tailleurs de pierre venus du Limousin en 1701.



















Eglise de Vieux HabitantsLes deux pilastres qui encadrent le porche portent l'emblème de leur région.















Eglise de Vieux HabitantsIl comporte aussi les armoiries traditionnelles de l'ordre des Capucins qui illustrent un épisode de la vie de Saint-François d'Assise : le jour où le Christ détacha ses bras de la croix pour embrasser le saint.












Du 18ème siècle, l'église a aussi conservé la nef et le clocher qui était alors isolé du reste de la bâtisse.

Eglise de Vieux HabitantsDe 1952 à 1963, elle est agrandie selon les plans de l'architecte Isnard. Un transept doublé par deux sacristies comble l'espace entre la nef et le clocher. La tour de croisée est entourée par quatre clochetons.












Les parties anciennes (nef, fonts baptismaux et clocher) ont été inscrites aux Monuments Historiques le 20 avril 2006. La façade occidentale (le porche) a été classée Monument Historique le 12 avril 2007.

Des objets mobiliers sont aussi protégés : une inscription funéraire, la pierre du premier autel.

église Vieux Habitants
Cette pierre de 0,25 sur 0,25 sur 0,07cm porte sur le recto les croix de consécration du milieu et des quatre angles ainsi que la petite cavité qui devait recevoir les reliques des martyrs suivant les règles de la liturgie.

Source: Père Camille Fabre, Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, n°9-10, 1968













église Vieux HabitantsElle était scellée dans l'autel qui servit de 1672 à 1920, date à laquelle le Père Lescao le remplaça. C'est à ce moment qu'on découvrit l'inscription au verso : T.S. soit Thomas Beaugendre, ancêtre d'une famille toujours présente à Vieux-Habitants. Ce nom figure dans les recensements de 1641, puis accompagné de son épouse Catherine Lequin sur celui de 1671.
La date de 1672 fait de cette pierre gravée le monument daté le plus ancien de la Guadeloupe.
Selon le Père Camille Fabre, dans son article sur la fondation et les fondateurs de Vieux-Habitants, dans le Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, n°9-10, 1968, il est possible que cette pierre soit en plus un ex-voto pour la naissance d'un fils Beaugendre, prénommé lui aussi Thomas et qui mourut le 19 septembre 1715, à l'âge de 43 ans. Il serait donc né en 1672. Il est enterré en l'église de Vieux-Habitants, comme l'atteste un des registres paroissiaux conservé à la Section Outre-Mer des Archives Nationales à Paris.

Source: Père Camille Fabre, Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe, n°9-10, 1968

Cette église comporte aussi un ostensoir du 19ème siècle inscrit aux Objets Mobiliers en 2001.

Par Karukera - Publié dans : Patrimoine religieux - Communauté : Patrimoines de l'humanité
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